Le 1er mai reste une date qui suscite chaque année interrogations, tensions et parfois erreurs dans le secteur CHR. Peut-on ouvrir ? Faire travailler les équipes ? À quelles conditions ? Petit rappel clair de la réglementation, et pourquoi cette journée peut aussi être une opportunité économique.
Rappel de la réglementation
Le 1er mai est un jour férié légal en droit français. Il est prévu par le Code du travail et doit, en principe, être chômé et payé. C’est le seul jour férié à bénéficier automatiquement de ce régime (article L.3133-4 du Code du travail).
Dans le secteur des hôtels-cafés-restaurant, il existe cependant une exception importante. Du fait de la nature même de ces activités (services, accueil, restauration), les établissements peuvent faire travailler leurs salariés le 1er mai.
Conditions de rémunérations
Quand un salarié travaille le 1er mai, il doit être payé double. Son salaire normal + une indemnité égale à ce salaire pour la journée travaillée. Cette règle est d’ordre public : on ne peut pas la remplacer par un jour de repos ou une compensation différente.
Par exemple, si un serveur travaille le 1er mai, il percevra 100 % de majoration sur ses heures ou sa journée de travail.
Si le 1er mai n’est pas travaillé parce que l’établissement est fermé ou que le salarié est en repos ce jour-là, alors :
- les salariés au forfait perçoivent leur salaire habituel,
- les salariés payés au service ne perçoivent pas d’autre rémunération.
💡Petite précision : si l’employeur décide de fermer un jour d’ouverture habituel, il doit quand même rémunérer ses salariés comme s’ils avaient travaillé ce jour-là.
Ce que les textes disent
Concrètement, les textes sont très clairs sur trois points clés :
- Exceptions prévues par la loi et les conventions : La possibilité de faire travailler les salariés le 1er mai est prévue dans le Code du travail mais aussi dans la convention collective HCR (article 26 – 1 et avenants).
- Paiement obligatoire du double : C’est une règle forte : aucune convention ni accord ne peuvent remplacer cette majoration par un simple repos compensateur.
- Ancienneté : Dans le CHR, certains droits aux jours fériés (autres que le 1er mai) sont liés à l’ancienneté. Pour ce jour férié légal, la règle de la rémunération double s’applique quel que soit le contrat des salariés.
Pourquoi cette journée est une opportunité économique
Le 1er mai est une journée de congés pour une grande partie de la population. Les gens sont plus disponibles, plus enclins à sortir, à déjeuner, à boire un verre, à profiter d’une terrasse ou d’un bon repas. Cela se traduit, dans beaucoup d’établissements, par une fréquentation plus élevée qu’un jeudi “classique”. Pour beaucoup d’établissements, il s’agit même d’une journée comparable à un week-end en termes d’affluence.
Pour le secteur CHR, ouvrir ce jour-là, à condition de respecter les règles et de rémunérer correctement les équipes :
- génère du chiffre d’affaires supplémentaire,
- valorise l’offre auprès de clients en sortie,
- donne une visibilité sociale à l’entreprise (accueil, animation, service).
C’est une logique commerciale cohérente avec l’activité du CHR.
Travailler le 1er mai en CHR est donc possible, légal et encadré.
C’est aussi une journée stratégique, à condition de respecter strictement les règles de rémunération et d’anticiper l’organisation des équipes.
Le droit protège les salariés, mais il permet aussi au secteur de répondre à une demande réelle.
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000033020878
