Depuis le 1er mai 2026, la RE2020 franchit une nouvelle étape concernant les nouvelles exigences bâtiment. Elle s’applique désormais à plusieurs catégories de bâtiments tertiaires, dont les hôtels, les restaurants et les commerces, pour les projets de construction ou de parties de bâtiments soumis à permis de construire ou déclaration préalable à partir de cette date.
Pour les professionnels du secteur CHR, cette évolution est importante. Elle doit être anticipée dès la conception d’un projet immobilier : création d’un hôtel, construction d’un restaurant, extension significative d’un établissement ou nouveau local commercial.
RE2020 : de quoi parle-t-on ?
La RE2020, ou réglementation environnementale 2020, encadre la performance énergétique et environnementale des bâtiments neufs. Elle va plus loin que la RT2012, car elle ne se limite pas à la consommation d’énergie : elle prend aussi en compte l’impact carbone du bâtiment et le confort en période de chaleur.
Concrètement, le projet doit être pensé pour limiter :
- les besoins en énergie du bâtiment ;
- les consommations d’énergie primaire ;
- l’impact carbone des énergies utilisées ;
- l’impact carbone des matériaux et équipements ;
- les situations d’inconfort en été.
Pour un établissement CHR, cela peut influencer les choix d’isolation, de ventilation, de chauffage, de climatisation, de matériaux ou encore d’orientation du bâtiment.
Quels établissements CHR sont concernés ?
Le décret du 15 janvier 2026 et l’arrêté du 19 mars 2026 étendent la RE2020 à de nouvelles typologies de bâtiments tertiaires. Parmi elles figurent notamment les hôtels, les restaurants et les commerces.
Sont donc concernés, par exemple :
- la construction d’un hôtel neuf ;
- la création d’un restaurant dans un bâtiment neuf ;
- la construction d’un commerce alimentaire ou d’une surface de vente ;
- certaines extensions ou parties nouvelles d’un établissement existant.
Le point clé à retenir est la date de dépôt du permis de construire ou de la déclaration préalable. Si le dossier est déposé à partir du 1er mai 2026, la RE2020 peut s’appliquer aux typologies concernées.
Attention : toutes les rénovations ne relèvent pas de la RE2020
Il faut distinguer plusieurs situations.
Une rénovation classique d’un hôtel, d’un café ou d’un restaurant existant n’entre pas automatiquement dans le champ de la RE2020. En revanche, une extension ou une partie nouvelle peut être concernée selon sa surface et la nature du projet.
Le décret prévoit notamment une exclusion pour les extensions qui sont à la fois inférieures à 150 m² et inférieures à 30 % de la surface des locaux existants.
Pour les bâtiments tertiaires existants, d’autres règles peuvent s’appliquer, notamment la réglementation thermique des bâtiments existants ou le dispositif Éco Énergie Tertiaire pour les surfaces tertiaires importantes. Ce dernier vise une réduction progressive des consommations d’énergie finale de 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050 pour les bâtiments concernés.
Quelles nouvelles pièces prévoir dans le dossier ?
L’extension de la RE2020 entraîne aussi des obligations documentaires.
Pour les projets concernés, une attestation RE2020 doit être jointe au dossier de demande de permis de construire. Elle atteste que les exigences de performance énergétique et environnementale ont bien été prises en compte dès la conception du projet.
Une autre attestation est également prévue à l’achèvement des travaux. Elle permet de vérifier que les exigences ont été prises en compte à la livraison du bâtiment.
En pratique, cela signifie qu’un porteur de projet CHR doit intégrer très tôt un bureau d’études thermique et environnemental dans son calendrier. Attendre la fin de la conception peut entraîner des corrections coûteuses.
La perméabilité à l’air devient un point de vigilance
L’arrêté du 19 mars 2026 étend également aux nouvelles typologies tertiaires l’obligation de mesurer la perméabilité à l’air du bâtiment et de respecter une valeur maximale.
Pour un hôtel ou un restaurant, cela implique une attention particulière à la qualité d’exécution : menuiseries, jonctions entre parois, passages de réseaux, gaines techniques, portes d’accès ou zones de livraison.
Un bâtiment mal étanche peut entraîner des pertes d’énergie, un inconfort pour les clients et des difficultés à respecter les seuils réglementaires.
Quels impacts concrets pour un projet CHR ?
Pour les professionnels CHR, cette évolution réglementaire doit être intégrée dès les premières étapes du projet.
Un restaurant neuf devra par exemple anticiper ses besoins spécifiques : ventilation de cuisine, extraction, confort thermique en salle, gestion des apports de chaleur et consommation des équipements.
Un hôtel devra tenir compte des usages différenciés entre les chambres, les espaces communs, les zones de réception, les circulations, les cuisines ou les espaces bien-être.
Un commerce alimentaire devra, lui, articuler performance du bâti, éclairage, froid commercial, confort client et contraintes d’exploitation.
Dans tous les cas, la RE2020 pousse à mieux coordonner les choix architecturaux, techniques et économiques.
Les bons réflexes à adopter avant de déposer un permis
Avant de déposer un permis de construire ou une déclaration préalable, il est recommandé de :
- vérifier si le projet entre dans le champ de la RE2020 ;
- identifier la date de dépôt du dossier ;
- associer un bureau d’études dès la phase d’esquisse ;
- anticiper les attestations à produire ;
- intégrer les contraintes de ventilation, de confort d’été et de matériaux ;
- distinguer RE2020, rénovation énergétique et dispositif Éco Énergie Tertiaire.
Cette anticipation est particulièrement importante dans le secteur CHR, où les bâtiments ont souvent des usages énergétiques intensifs : cuisine, production d’eau chaude, climatisation, chambres, éclairage, froid, buanderie ou extraction d’air.
En conclusion
Depuis le 1er mai 2026, les projets de construction d’hôtels, de restaurants et de commerces entrent dans une nouvelle phase réglementaire avec l’extension de la RE2020 au tertiaire.
Pour les professionnels CHR, l’enjeu n’est pas seulement administratif. Il s’agit de concevoir des établissements plus sobres, plus confortables et mieux adaptés aux contraintes climatiques et énergétiques.
Avant tout dépôt de permis, une vérification du champ d’application et un accompagnement technique adapté sont essentiels pour éviter les mauvaises surprises en cours de projet.
Sources
- Portail officiel RT-RE Bâtiment — RE2020 : extension aux bâtiments tertiaires spécifiques et industriels/artisanaux. https://rt-re-batiment.developpement-durable.gouv.fr/re2020-extension-aux-batiments-tertiaires-a1227.html
- Légifrance — Décret n° 2026-16 du 15 janvier 2026 relatif aux exigences de performance énergétique et environnementale des constructions de bâtiments d’activités tertiaires spécifiques. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000053378848
- Légifrance — Arrêté du 19 mars 2026 modifiant les arrêtés pris en application du Code de la construction et de l’habitation. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000053975637
- Légifrance — Arrêté du 9 décembre 2021 relatif aux attestations de prise en compte des exigences RE2020. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000044501420
- Ministère de la Transition écologique — Réglementation environnementale RE2020. https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/reglementation-environnementale-re2020
- Ministère de la Transition écologique — Éco Énergie Tertiaire. https://www.ecologie.gouv.fr/eco-energie-tertiaire-eet
- Étude-BET — RE2020 : l’arrêté tertiaire en vigueur au 1er mai 2026.https://www.etude-bet.fr/news/2026/re2020-arrete-tertiaires-industriels-2026.php

